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Découvrez le théâtre

Après que le théâtre, crée sous la Révolution et privé, ait occupé plusieurs lieux (Chapelle Notre-Dame et hôtel de Mars), le maire J.-P. Bleizac demande à l’architecte Ange Modona un projet associant théâtre, hôtel de ville et halle aux grains sur la place royale à l’emplacement du couvent Sainte-Marie attribué à la Ville en 1806 ; projet refusé par le Conseil national des bâtiments civils.

Après diverses autres tentatives, une société d’actionnaires est créée en 1824 pour relancer le projet et en 1825, le projet est confié, sur le même site, à l’architecte-voyer Etienne Javelas et aux entrepreneurs Joseph Pelorson et Jean-Baptiste Brun qui continuera seul le chantier qui sera terminé par Frederic Bouchet.

Ce chantier s’avéra particulièrement complexe et de nombreuses difficultés techniques et financières s’accumuleront. Il faudra attendre 12 ans avant l’ouverture officielle du théâtre en juin 1837.

Théâtre à l’Italienne avec coupole, parterre et 3 galeries, sassez proche structurellement du théâtre actuel mais au décor tout en clarté, dans des tons de bleu et or. En 1867 la Ville rachète le théâtre et, entre 1886 et 1887, il est complètement réaménagé, avec un décor en rouge et or.

En 1995, le théâtre ferme et ré-ouvre en 2000 après une rénovation qui en modernise le gradin et la structure de scène, et transforme les couleurs intérieures : il passe du rouge et or au rose et or.

Le bâtiment, en molasse de Châteauneuf-sur-Isère et de style néoclassique, est composé de trois corps accolés de 47 m de long, dont le corps central, plus large, est occupé par la salle. A l’est, sa façade surmontée d’un fronton triangulaire,  est composée en deux parties : un soubassement à bossage qui marque le rez-de-chaussée et un étage décoré

d’un ordre colossal de colonnes doriques entourant un balcon.

La salle actuelle, à l’Italienne, est surmontée d’une coupole peinte au décor de nuées roses sur ciel bleu au-dessus d’une balustrade et de 4 architectures en trompe l’œil surmontées de coupes de fleurs et portant les inscriptions Drame, Comédie, Vaudeville, Opéra. Les galeries aux façades formées d’une série de panneaux  sont ornées de décors peints ou en relief.  Pour les premières des camés blancs dans des guirlandes de feuilles et cadres dorés ; pour les secondes le nom d’auteurs et de musiciens dans des draperies et cadres dorés ; pour les troisièmes des faisceaux d’‘instruments de musique dorés.

Ses dimensions intimistes, son décor caractéristique en font le cadre idéal  pour recevoir des spectacles à dimension humaine. Son acoustique remarquable par sa précision et son équilibre sert à merveille la musique acoustique, pour le plus grand plaisir des musiciens, chanteurs  et mélomanes.

Pour en savoir plus :

 

Merci à Hélène Stanislas pour son travail de recherche et d’écriture sur le Théâtre.

 

Un peu d’histoire

Un théâtre vivant

La première pierre d’un théâtre digne de ce nom est posée à Valence en 1827. Il n’y avait jusqu’alors qu’une modeste salle de spectacles installée dans l’Hôtel de Mars, ancien manège pour la cavalerie (emplacement actuel du théâtre Bel Image). Valence, ville militaire, se doit notamment de divertir ses gradés.

Le 31 mars 1824, la Ville accepte la demande d’un groupe de citoyens, réunis en une société d’actionnaires désireux de construire un théâtre à ses frais, sur un terrain de 17 m de large sur 50 m de long, dépendant du couvent Sainte-Marie, propriété communale. Après dix ans de travaux, le bâtiment conçu par l’architecte valentinois Javelas, sort de terre. Il n’est pas terminé lorsqu’il accueille en 1835, sa première représentation. De nombreuses difficultés ont ralenti les travaux et obligent la Ville à apporter sa contribution financière pour achever l’édifice.

1837 : inauguration officielle

L’inauguration officielle a lieu le 3 juin

1837 avec au programme La Dame blanche, opéra-comique de Boïeldieu (musique) et Scribe (paroles), et la comédie-vaudeville La Marraine de Scribe, Lokroi et Chabot. Le théâtre est alors l’occasion pour les dames de la bourgeoisie de sortir. Il accueille également des bals où le tout-Valence vient s’amuser.

Des travaux de rajeunissement du bâtiment dirigés par l’architecte Ange Madona sont entrepris en 1886 et 1887. Le café, installé au rez-de-chaussée, disparaît et le foyer du premier étage devient salle de réunions. La salle initialement de type « jeu de paume », de forme carrée, se métamorphose en salle à l’italienne, en forme de fer à cheval. Ce concept marque un réel progrès dans l’histoire de l’architecture des salles de spectacle : l’acoustique est améliorée, de même que la vision des places de côté.

Théâtre à l’italienne

La salle se dote d’un décor adapté à la fonction du lieu. Les loges sont ornementées de cariatides et atlantes. Petits salons particuliers, elles isolent la bonne compagnie du commun, tout en s’exposant au regard des autres. Aux balcons, des gypseries décorent des tables sur lesquelles alternent des chutes de feuillage, des médaillons en camée et des cartouches portant des noms de compositeurs célèbres. Le plafond à coupole est traité en trompe-l’oeil. Il figure les quatre genres, tous présents dans la programmation du théâtre : drame, comédie, opéra, vaudeville. Un esprit populaire avec lequel renoue aujourd’hui la saison culturelle proposée par la Ville.

Source : Ville d’art et d’histoire, Archives communales et communautaires.

1915

Pendant la Première Guerre mondiale, la programmation du Théâtre de la Ville reste variée et dense avec une cinquantaine de spectacles par an, en moyenne.

La population se presse au théâtre. Le régisseur financier note que de nombreux spectacles font «salle comble » : il n’est pas rare de voir 700 à 800 personnes pour une seule représentation ! Les opéras, les vaudevilles, les revues et certaines comédies du répertoire (Cyrano de Bergerac) remportent les plus francs succès. Plusieurs pièces présentent une connotation patriotique ou nationaliste affichée, comme Les Oberlé (chronique d’une famille alsacienne en 1870) jouée  à plusieurs reprises. Le vaudeville et le music-hall s’emparent eux aussi du thème de la guerre : Les Bochades de l’année, revue parisienne avec Mistinguett, rencontre un vif succès. Au Théâtre, sont également organisés des concerts de bienfaisance au profit des établissements chargés d’accueillir les soldats blessés et des conférences abordant le thème du conflit : les prisonniers français, l’effort de guerre, les conséquences économiques, les alliés…

 

 

L’équipe du Théâtre de la Ville

 

Direction / Programmation Pierre Tabardel | Administration / Relations avec les publics Kirstie Raby, Stéphanie Gomez | Production Hélène Astri | Billetterie / Accueil du public Thérèse Descamps | Locations / Administration Ghislaine Monna | Equipe technique Thierry Pointet, Julien Vaizand, Santiago Angulo | Communication / Graphisme Judith Eno, Sylvain Bastian, Pascale Paolini, Perrine Garcia Sanchez | Rédactionnel Violette Bernad – Murmures | Ainsi que l’équipe d’accueil du public, les intermittents du spectacle, et toute l’équipe administrative de la Direction Sports, Culture, Evénements et Vie Associative présents à nos côtés tout au long de la saison.